Chauds, les lapins! (Le Commissaire San-Antonio[125])
Les Editions Fleuve Noir ont longuement hésité avant de publier cet ouvrage. Car les événements qu'il retrace sont rigoureusement authentiques et mettent en cause l'épouse d'un ministre.L'aventure survenue à cette courageuse femme est hors du commun, c'est pourquoi, seule une acceptation de sa part pouvait nous décider à éditer ce livre. Ce consentement héroïque, elle nous l'a donné sans réserve.Nous prions donc Mme Alexandre-Benoît Bérurier de trouver ici l'expression de notre admiration et de notre reconnaissance.
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Chérie, passe-moi tes microbes (Le Commissaire San-Antonio[93])
Tu ne m'ôteras pas de l'idée que si nous n'avions pas aperçu M. Félix, menottes aux poignets, un après-midi, à la Porte Saint-Martin, rien de tout cela ne serait arrivé.Qu'en tout cas, ça se serait passé autrement.Et que nous a-t-il dit, M. Félix ?Ceci :— Oui, messieurs, je montre mon sexe dans les couloirs du Métropolitain, c'est vrai. Je ne suis pas particulièrement sadique, enfin pas davantage que n'importe qui ; mais si j'agis de la sorte, c'est pour créer de l'émotion. En exhibant ma b… je l'exprime ; j'accomplis bon gré mal gré un acte littéraire.Complètement azimuté, M. Félix !Remarque, en réfléchissant bien : même s'il s'était pas fait poirer à montrer Coquette dans le métro, tout ça serait arrivé quand même.Puisque de toute façon, l'autre pomme dont j'ai oublié le nom allait se suicider !
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Circulez ! Y a rien à voir (Le Commissaire San-Antonio[132])
Roman délimité de qualité supérieure par la chambre de commerce de Pointe-à-Pitre.Aurait dû s'intituler « La tour Eiffel dans le train », ce qui était bien plus marrant, moi je prétends ; mais « ils » ont trouvé que ça faisait vulgaire. Alors, bon, qu'est-ce tu veux que je te dise, hein ? Mais franchement, la démocratie, c'est juste l'idée qu'on s'en fait !Toujours est-il que la tour Eiffel est bel et bien dans le train et que tout ce qui s'ensuit, ben mon vieux, tu m'en diras des nouvelles !Tu connaissais pas « Les Mystères de Nouille York » ? Les voici !
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Cocottes-minute (Le Commissaire San-Antonio[143])
Tu as déjà acheté de la viande sous cellophane, toi ? Oui ? Ben, faut vivre avec son temps bouffe-merdique, que veux-tu.Mais des bites sous cellophane, t'en as déjà vu des bites sous cellophane ?Jamais ?Moi si ! Lis ce book et t'en auras plein la musette (plein l'amusette).Une aventure pareille, j'ai bien cherché : tu peux pas la trouver ailleurs que dans mon œuvre.En plus des biroutes par paquets, t'auras droit à des frangines ultra-rapidos du réchaud.Elles te regardent et ton bénouze se transforme en socquette.Je les appelle des cocottes-minute.
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Concerto pour porte-jarretelles (Le Commissaire San-Antonio[90])
C'est beau, un porte-jarretelles.C'est musical.Y en a qui préfèrent la guitare électrique, libre à eux, tout le monde peut pas avoir ma santé.Moi,le collant, j'admets pour les danseurs à la rigueur. Mais reconnais qu'une frangine, son triangle de panne est beaucoup mieux en situation sous les branches d'un porte-jarretelles en fleur, non ?La couleur de çui d'ici j'te la dirai pas, t'as qu'à m'acheter ; pour le prix que ça coûte, à l'heure d'aujourd'hui, ça vaut même pas la peine de m'emprunter.D'autant que dans ce gros book il est pas question que de porte-jarretelles.Y a aussi le reste.Et crois-moi, ce sont de beaux restes, tu verras !
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De « A » jusqu’à « Z » (Le Commissaire San-Antonio[46])
Mes funérailles étaient prévues pour dix heures, mais dès neuf heures, la maison était déjà pleine de gens. Tout le monde pleurait, ce qui me touchait beaucoup. Sur les faire-part on avait précisé « ni fleurs ni couronnes », histoire de ne pas mettre les copains dans les frais, mais, nonobstant cette recommandation, la plupart des assistants s'annonçaient avec des gerbes, des couronnes, des coussins d'œillets, des croix en roses et autres joyeux présents. Oui, il faut vraiment mourir pour mesurer le degré de sa popularité. J'en étais tout ému. Mais quand j'ai vu radiner le Gros, beau comme une pissotière repeinte, dans un complet noir, avec une chemise vraiment (et très provisoirement) blanche, soutenu par Alfred le coiffeur, mon cœur m'est remonté dans le gosier.
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De l’antigel dans le calbute (Le Commissaire San-Antonio[167])
Tu le savais, toi, que la Namibie existait ?Il a fallu que j'y aille pour m'en asssurer. Et j'ai eu raison parce que, là-bas, il s'en passe des choses. Ça se chicorne à mort dans ce book.Avec la peau de tous les gaziers qui y défuntent tu pourrais refaire le tapis de Palais des Sports.Ça me la sectionne au ras des frangines, que tant de gens sacrifient leur garce de vie, une et indivisible, sur l'autel de l'arnaque. Note que les flics dans mon genre sont encore plus cons puisqu'ils font cadeau de la leur !Car notre devise, à nous autres, c'est : « Pas le beurre, pas l'argent du beurre : tout à la graisse d'oie ! »
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Dégustez, gourmandes ! (Le Commissaire San-Antonio[122])
A l'occasion du centenaire de ma mort, je suis heureux de vous présenter un San-Antonio nouvelle manière.Le fameux commissaire guigne la succession d'un Superman intemational et, l'espace d'un livre, devient son disciple.Alors, il met la baise et la rigolade en veilleuse pour tenter de réussir son examen de passage. S'il y parvient, Sana sera promu super-dauphin. S'il échoue, il sera sacré bézuquet à vie.Dans un cas comme dans l'autre, il continuera d'escalader ces dames et de dilater la rate de leurs maris. A la vôtre !Victor Hugo
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Des clientes pour la morgue (Le Commissaire San-Antonio[7])
Si je voulais l'envoyer rejoindre Crâne pelé dans la baille, je n'aurais qu'une bourrade à lui administrer.Mais je ne tiens pas à procéder ainsi car ce faisant je perdrais le plus important témoin de mon affaire. Et comme ce témoin est par la même occasion le principal inculpé, vous comprendrez sans qu'on vous l'écrive au néon dans la cervelle que je sois enclin à ne pas me séparer de lui. Un inculpé de cette catégorie, je l'aurai payé le prix !
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Des dragées sans baptême (Le commissaire San-Antonio[6])
Lorsque votre chef vous demande à brûle-pourpoint ce que vous pensez d'un copain, on ne peut que la boucler un instant, ne serait-ce que pour se demander ce qui le pousse à poser une question pareille et aussi comment on va y répondre. Le grand patron est agité. Il est adossé au radiateur, ou plutôt, comme il mesure deux mètres, il est assis dessus. Il passe sans arrêt sa main fine sur son crâne en peau de fesse véritable. Ses yeux bleuâtres me considèrent avec intérêt. Je sens qu'à moins d'accepter de passer pour une truffe le moment est venu de me manifester. Je me racle le gosier.— Wolf, je balbutie… Wolf… Ben, c'est un bon petit gars, non ?— Non, San-Antonio : Wolf n'est pas un bon petit gars, et vous le savez aussi bien que moi…
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Des gonzesses comme s'il en pleuvait (Le Commissaire San-Antonio[116])
Moi, tu me connais ?Je suis pas le genre de mec qui paie pour calcer une gonzesse.Mais j'appartiens pas non plus à l'espèce qui se fait douiller.Les écailles, je laisse Ça aux vrais harengs.Alors, te dire ce qui m'a pris de marcher dans cette combine de cornecul, franchement je pourrais pas.Y a des moments, dans la vie, où on perd les pédales.Note que j'en ai trouvé une chouette, chemin faisant, pour compenser.Si j'avais pu prévoir l'hécatombe qui découlerait de mes prouesses matelassières, je serais resté chez maman.Tu me crois pas ?Attends que je fasse le compte des allongés…Oh ! puis non : j'aurais pas assez de doigts.
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Des gueules d’enterrement (Le Commissaire San-Antonio[24])
Il me regarde avec intérêt et commisération.— Vous êtes monsieur Berthier ? demande-t-il.Il se dégrafe le col pour avoir plus de possibilités oratoires.— Non, réponds-je, pourquoi ?— Je venais à cause que Mme Berthier a eu un petit ennui, fait-il gauchement.— Ah ?— Oui, elle s'est fait écraser par une auto…— Et elle est morte ?— Tuée net.— C'est ce que vous appelez un petit ennui, vous ?
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Descendez-le a la prochaine (Le Commissaire San-Antonio[8])
Le gars qui pourrait me prouver par a + b qu'il a, au cours de son existence, exécuté une besogne plus débectante que celle à laquelle je me livre depuis une huitaine de jours aurait droit, selon moi, au salut militaire, au salut étemel et à une place assise dans les chemins de fer. Faut vraiment avoir le palpitant arrimé avec du gros filin pour tenir le choc. Et je le tiens, moi, le choc, parce que mon job c'est justement de ne pas faire la fine bouche. Voilà une semaine que je visite les morgues de France à la recherche d'un cadavre…
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Deuil express (Le Commissaire San-Antonio[13])
Ce bouquin doit suffire à intriguer un zig dont l'existence n'est pas particulièrement de tout repos. Il va se demander si c'est un coup de la police ou d'une autre bande. Dans l'expectative, il lira.Quant à moi, en voilà assez pour aujourd'hui. Je n'ai plus qu'à aller me coller dans les toiles en attendant que la Terre ait fini son petit tour dans le noir.
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Dis bonjour à la dame (Le Commissaire San-Antonio[88])
Bon, que je te dise…Tu vas trouver relatée ici la première affaire de la « Paris Détective Agency » que je dirige avec le brio dont tu me sais capable.Et cette première affaire, c'est pas la première venue, espère ! A cause de toutes les amazones qui la composent, moi, franchement, j'ai cru devenir chèvre. Ou plutôt bouc, ce qui est davantage dans mes emplois.Avec les frangines, tu sais jamais où tu en es. D'autant que cette fois-ci, je suis tombé sur un lot de luronnes qui ont des choses au chose (ne serait-ce que les miennes !). Tu vas voir ces Jeanne d'Arc, mon neveu, vérolières et ignifugées ! Pour reconnaître le bon grain de l' ivresse, dans un pareil cheptel, faut le télescope géant du mont Palomar.Et surtout pas craindre l'insomnie.Heureusement que Béru et Pinuche sont là pour me tenir la chandelle par les deux bouts !
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Du bois dont on fait les pipes (Le Commissaire San-Antonio[111])
Si ma Félicie ne s'était pas mise à chialer devant son poste de télé, rien ne serait arrivé.Mais moi, les larmes de m'man, je ne peux pas supporter.Faut que j'agisse.Seulement quand tu agis comme un con, tu fais des conneries, non ?Note qu'avec moi, pour ce qui est des conneries, je ne te laisse jamais en manque.
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Du brut pour les brutes (Le Commissaire San-Antonio[39])
Boris Alliachev, vous connaissez ?Espion international…Recherché dans une tripotée de pays…Enfin le genre de mec que tout flic normalement constitué rêve d'agrafer à son palmarès !Figurez-vous que je l'ai précisément sous les yeux, en ce moment…Il est assis dans un restaurant russe et il jaffe du caviar comme un qui aurait la conscience tranquille et le larfouillet bourré.Seulement voilà qu'un pastaga démarre dans les parages : un jules, laid comme un dargif de singe, entreprend de dérouiller sa poule, une ravissante môme de vingt berges.Mais ce n'est pas le genre de chose qu'on fait devant S. -A, pas vrai ?Alors je sors mon uppercut des grands jours…Et pendant la bagarre, le Boris, lui, il prend la tangente !Vilaine affure, les gars, mais cette brute de S. -A. n'a pas dit son dernier mot !
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Du mouron à se faire (Le Commissaire San-Antonio[17])
Cette histoire a commencé très bizarrement. Depuis une quinzaine, je me faisais tarter à Liège, dans l'attente d'éventuels espions qui devaient passer par là. Pourtant, j'adore cette ville au charme provincial, mais franchement, quinze jours sans action… Ça me devient vite insupportable.Et puis un matin, alors que j'étais encore dans ma chambre d'hôtel, mon attention a été sollicitée par un curieux éclat lumineux. Je me suis approché par le balcon de la chambre voisine, et là j'ai vu le spectacle le plus insolite de ma vie. N'allez pas imaginer du gaulois…, du paillard…, du pomo… Pas du tout.Il y avait dans la pièce un brave monsieur occupé à fourrer des fruits confits avec des…diamants !Quelques heures plus tard, je l'ai revu, le type.Mais je n'ai pas eu l'occasion de lui poser des questions, vu qu'il était en train de tomber du sixième étage dans une cage d'ascenseur…
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Du plomb dans les tripes (Le Commissaire San-Antonio[5])
Quand j'étais môme et que ma bonne vieille Félicie m'emmenait en vacances à la montagne, dans le Jura, j'adorais fureter du côté de la scierie. J'ai toujours aimé l'odeur du bois fraîchement coupé et le grincement plaintif des scies mécaniques mordant le sapin… Non, ne croyez pas que je cherche à vous pondre de la Haute Littérature, ni que le bucolique (néphrétique) soit à l'ordre du jour, car je vous jure que cette passion de mon enfance, je l'ai perdue… A tout jamais… Car présentement, je me trouve lié sur une de ces scies qui faisaient mon admiration… Et c'est moi qui fais le rondin. La lame se trouve très exactement à 1 mm de mon buste et je ne dispose plus que d'un centième de seconde pour agir… C'est ce qui s'appelle avoir du pain sur la planche !
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Du poulet au menu (Le Commissaire San-Antonio[29])
Lorsque la grande aiguille de ma montre a fait sa révolution sur le cadran, la porte de l'usine se rouvre et mon zigoto réapparaît. Il est plus furtif qu'un souvenir polisson et il se met à foncer dans la partie obscure du quai, la tronche rentrée dans les épaules… Il marche vite, sans courir cependant… Il semble avoir peur… Oui, pas de doute, il est terrorisé… Je lui laisse du champ et je démarre en douceur.Soudain, il se cabre. Dans l'ombre, devant lui, se tient une seconde auto, tous feux éteints… Il marque un temps et s'écarte pour passer.Dedans, j'aperçois vaguement deux silhouettes…
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