Ménage tes méninges (Le Commissaire San-Antonio[49])
L'histoire qui est racontée ici est rigoureusement vraie. Je n'y ai pas changé une virgule.J'ai seulement modifié les événements, déformé les faits, interverti les situations, débaptisé les personnages et déplacé l'action.J'ai également pris des libertés avec le lecteur, le vocabulaire de l'affabulation.Oui, j'ai fait tout cela.Mais, parole d'homme, je n'ai pas changé une virgule à l'histoire.J'aurais peut-être dû… Ça aurait évité à Béru et au beau San-Antonio de se trouver dans la situation la plus effarante de leur brillante carrière. Et comme dit ce grand intellectuel de Bérurier : MÉNAGE TES MENINGES, gars, et prépare tes mécaniques.
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Mes hommages à la donzelle (Le Commissaire San-Antonio[4])
Il y a une multitude de choses dont j'ai horreur. Les jeunes filles de plus de quatre-vingt-dix-sept ans, tout d'abord. Le poisson mal cuit, aussi. Puis les liaisons mal-t-à-propos ; les ouatères de wagons de seconde classe ; les bitures de Bérurier et les imparfaits du subjonctif de Pinaud. Mais s'il y a une chose qui m'énerve par-dessus tout, qui me file au bord du delirium très mince, c'est qu'on s'asseye sur mon chapeau… Surtout au cinéma… Surtout quand on l'a fait exprès… Surtout quand c'est le dargeot d'un truand qui est l'outrageur… Surtout quand tout ça cache le commencement d'une aventure insensée !
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Mesdames, vous aimez « ça » ! (Le Commissaire San-Antonio[160])
La vérité ?Rarement je suis passé aussi près de la grande faucheuse que dans ce book.Un tout petit peu plus, c'était : « bon suaire, m'sieurs-dames » sur l'air des lampions.Et tout ça, tu veux que je te dise ?A cause d'une gentille opticienne qui n'avait pas mis de culotte pour faire sa vitrine.Nous autres tringleurs, on est peu de chose, tu sais !Pendant que j'y pense : n'en parle pas à maman, elle se ferait du mouron. Tu connais Félicie !…
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Messieurs les hommes (Le Commissaire San-Antonio[16])
Savez-vous que la pègre vient de s'enrichir d'une nouvelle recrue ?Et pas une demi-portion, croyez-moi !Du vrai casseur…Du qui file la rouste aux caïds de Pigalle…Du qui se permet de descendre un flic en plein commissariat.Son nom ?Pour Messieurs les hommes, il s'appelle Bemard Tonacci…Ça ne vous dit rien ?Alors, je vais vous en balancer davantage :A la P.J., ce zigoto est plus connu sous le nom de commissaire San-Antonio.Pas de panique… Rassurez-vous, je n'ai pas changé de bord… mais il faut admettre que tout pourrait le laisser croire au début de ce chef-d'œuvre.
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Mets ton doigt où j'ai mon doigt (Le Commissaire San-Antonio[84])
Quand une polka te demande de mettre ton doigt où elle a son doigt, vas-y, mon Nestor, car il vaut toujours mieux reconnaître le parcours avant la course.Mais quand c'est un ancien pote de la communale qui te balance cette vanne, alors prends tes cliques sous un bras, tes claques sous l'autre, et taille-toi sans en écouter davantage.Tu vois, le tartant, dans notre job, c'est de le prendre au sérieux.De vouloir faire comme si on avait de l'honneur. A force de jouer à ce jeu de c… tu finis par en contracter, de l'honneur.Et alors là… Alors, là, fiston, t'es promis à toutes les rémoulades !Les cimetières sont bourrés de mecs qui en avaient trop.Et cependant, le Vieux m'avait bel et bien ordonné de tout laisser tomber.L'ennui, c'est que je me suis dit : « Laisser tomber quoi ? »Tu comprends ?Non !Ben alors, lis !
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Meurs pas, on a du monde (Le Commissaire San-Antonio[104])
Franchement, M. Konopoulos ne me demandait rien.D'ailleurs, je n'étais pas venu à Genève pour ça.La sublime nana qui m'attendait à l'aéroport avait une autre chatte à fouetter.Mais il a fallu que ce pauvre manutentionnaire soit mordu par un méchant serpent et que son aimable cadavre déboule en même temps que nos valises…C'est idiot pour Marie-Marie qui, consécutivement, a dû faire une croisière en ambulance !Mais alors, si tu avais vu nos frimes quand on a déballé l'abominable costume !Enfin, tu m'as compris ?Si tu as tout pigé, pas la peine d'acheter ce livre. Mais s'il te reste des zones obscures dans la comprenette, n'hésite pas. Quand tu en auras terminé la lecture, j'aime autant te prévenir : tu devras changer de calbar.
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Moi, vous me connaissez ? (Le Commissaire San-Antonio[76])
Des nuits comme celle-là, je vous jure…Y a qu'à Paname qu'on en rencontre !Et encore, faut attendre minuit.Pourtant, ça démarrait plutôt pas mal. Moi, vous me connaissez ?Je me voyais déjà plonger dans les transports en commun en compagnie de la môme Rebecca…Je lui mijotais un programme de gala, avec une cargaison de frissons tous plus voluptueux les uns que les autres.Remarquez, des frissons y en a eu au cours de cette sacrée nuit !Et pas qu'un peu !Seulement, ça n'était pas ceux que j'escomptais.Lorsqu'il s'est mis à pleuvoir de la viande froide, j'ai drôlement regretté d'être sorti sans pébroque.Heureusement que Berthe Bérurier m'accompagnait.Parce qu'avec une Jeanne d'Arc de deux tonnes, vous me direz ce que je voudrai, mais on se sent moins seul !
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Mon culte sur la commode (Le Commissaire San-Antonio[100])
Mon culte, il existe, non ?Et parce qu'il existe, une bande de CONservateurs en prennent ombrage, le foutent sur la commode, mais qui est-ce qui va l'avoir dans le culte ?Devine.
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Morpions circus (Le Commissaire San-Antonio[113])
Moi, tu me connais ?Une âme de fer dans un corps sain ; une main de velours dans un corsage.Tout dans la tête pour garder les mains libres.Principal défaut ? Raffole des gonzesses sans distinction d'âge ni de confession.Principale qualité ? Les fait reluire.Signe distinctif ? A horreur des cons.Mais tu peux rester.Et prendre connaissance de ce plaisant ouvrage.Tu y trouveras : la moutarde de la polissonnerie, l'œuf de l'action et l'huile de la volupté.Si tu remues bien le tout, tu obtiendras une succulente mayonnaise.Elle donnera un peu de goût à ta vie insipide.Allez, viens !
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N'en jetez plus (Le Commissaire San-Antonio[75])
Monsieur le Président de la République,Monsieur le Premier Ministre,Monsieur le Président du Sénat,Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,Messieurs les Membres du Gouvernement,Messieurs les Députés,Messieurs les Sénateurs,Messieurs les Membres du Conseil constitutionnel,Mesdames, Messieurs et Divers,permettez-moi, en ma qualité de citoyen français nanti d'une carte d'électeur en état de marche et d'ex-abonné d'honneur au Gaz de France, de vous poser respectueusement les questions ci-dessous :Avez-vous déjà vu mon Bérurier, que dis-je ! votre Bérurier, se muer tour à tour en rabbin, en pilote de ligne et en saint Jean-Baptiste ?Avez-vous déjà lu la correspondance qu'il adresse à notre Sainte Paire le pape ?M'avez-vous vu sauver de la fange, de la mort et du déshonneur l'un des Français les plus prestigieux de notre hexagonerie ?Non, n'est-ce pas ?C'est bien ce que je pensais.Alors, qu'attendez-vous pour lire ce livre ? Hmmm ?
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Napoleon Pommier
Ils sont tous là : San-Antonio, Marie-Marie et leur petite Antoinette, Sa Majesté Napoléon IV, alias Béru, et son Impératrice, la grosse Berthe, Pinaud, le vieux Lion de l’Atlas, Jérémie Blanc, aux prises avec Monosperme, le dévoyé de la famille, Mathias, le magicien du labo, M. Félix, la plus grosse queue de France et des départements d’outre-mer, Félicie et sa blanquette de veau.Et aussi : des trafiquants de came, des tueurs à gages, des tueurs sans gages, des oies blanches bonnes à plumer, des journalistes pourris, des princes criminels, sans omettre Salami, le chien surdoué.San-Antonio vous les offre pour l’An 2000, dans un ouvrage au rythme frénétique où vous trouverez le rire, la gaudriole, le délire à vous en faire éclater la rate et les testicules !
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Ne mangez pas la consigne (Le Commissaire San-Antonio[43])
L'homme cagoulé est en train d'affûter la lame courbe d'un cimeterre. Le cimeterre marin dont causait Valéry. Ce cimeterre-là va m'expédier au cimetière sur une vraie meule. Une meule électrique, siouplaît, ce qui m'inciterait à penser que nous sommes dans un atelier.
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Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore (Le Commissaire San-Antonio[170])
La nouvelle est tombée, sèche comme un coup de bite d'octogénaire : il n'existe, dans notre bon vieux système solaire, aucune planète habitée en dehors de la notre !Je le pressentais, mais ça fait tout de même un choc. Nous sommes juste quelques milliards de glandus à nous branler les cloches sur une boule minuscule perdue dans l'immensité sidérale. Ça te remonte pas les testicules à la place des amygdales, toi ?Les gens existent et sont cruels ! Comment se peut-ce ?Je te prends les personnages de ce livre…Des démons vivants ! Des sadiques ! Des sangunaires !A sulfater tout crus !A empiler dans une fosse emplie de chaux vive !Les frangines pire que les matous !Te sucent le pénis, mais te bouffent les roustons à pleines chailles ! Se laissent baiser pour mieux te véroler l'existence !Comparé à elles, le démon est un enfant de chœur qui gagne à être connu.J'exagère ?Viens faire un tour dans ce book, tu comprendras !Allez, ciao ! C'est l'heure de la prière.
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On liquide et on s'en va (Le Commissaire San-Antonio[106])
Ah ! si M. Prince n'avait pas fauché le truc magique du tueur pendant que M. Adolphe s'envoyait Mme Eva, rien de tout cela ne serait arrivé.T'aurais pas eu droit aux coliques incoercibles de Pinuche, ni au coït flamboyant de Béru, non plus qu'à l'hécatombe ci-jointe.Et à moi, ça m'aurait évité 250 pages de déconnage.Mais t'es pas forcé de les lire.
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On t'enverra du monde (Le Commissaire San-Antonio[34])
— Eh bien ! Eh bien, Béru, t'as des vapeurs ?— M'en parle pas, balbutie-t-il, je suis un mec terminé !— On en reparlera quand tu seras dans ton costar en planches, dis-moi un peu ce qui ne carbure pas ?— Ma femme a disparu, lâche le Gros.Et de ponctuer cette révélation par un bannissement qui fêlerait une plaque de blindage.
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Papa, achète-moi une pute (Le Commissaire San-Antonio[139])
Je vais te dire une bonne chose : les gens qui ont un don, faut s'en gaffer pire que du fisc.C'est bien joli, un don, mais ça peut avoir des conséquences.Moi, le don de Bruno, merci bien !J'ai failli y laisser mes os.En tout cas, j'en sais des moins vergeots qui en sont clamsés sans avoir vu Venise.Heureusement que les corbillards ne sont pas en grève, parce que alors, on allait se ruiner en déodorants.
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Passez-moi la Joconde (Le Commissaire San-Antonio[9])
Un petit loulou de Poméranie qui se tortille dans la clarté de mes phares. Il vient de se faire ratatiner par une bagnole.Moi, bonne pomme, je descends pour lui administrer la potion calmante et définitive.Et voilà !Je viens de mettre le doigt dans un engrenage qui conduit à une Joconde au sourire plutôt inquiétant
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Plein les moustaches (Le Commissaire San-Antonio[123])
La chasse aux criminels de guerre nazis n'est plus ce qu'elle a été car le gibier est en voie d'extinction, décimé qu'il est par cette épidémie qui s'appelle le temps.Mais enfin, il en reste encore quelques-uns à travers le monde, ce livre t'en administre la preuve.Quelle équipée !Quel écœurement aussi !Là, tu peux croire que j'en ai pris plein les moustaches.Pourtant, le président s'est montré très coopératif.Hélas, ça ne fait pas tout.Cézigue, il bénit l'émeute, mais il ne court pas après le renard.
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Pleins feux sur le tutu (Le Commissaire San-Antonio[118])
Rappelle-toi que dans cette affaire j'ai drôlement mouillé mon maillot.Tu parles d'une escalade !Je pédalais que d'une !Tout en danseuse, mon pote !Et avec pleins feux sur le tutu !
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Poison d’avril ou la vie sexuelle de Lili Pute (Le Commissaire San-Antonio[120])
Elle était chinoise et s'appelait Li Pût, ce qui dans l'argot pékinois signifie Poison d'Avril. Ses parents l'avaient ainsi baptisée parce qu'elle était née au mois de janvier et que donc, Dû Cû, le papa de Li Pût, avait fécondé sa mère en avril et par inadvertance, un soir qu'il s'était pété à l'alcool de riz à 90°. Le père de Li Pût, Dû Cû, était docker à Pékin. Comment ? Qu'est-ce que tu dis ? Ah ! Y a pas la mer à Pékin ? Bon, alors il était tresseur de nattes ; ça te va ?Quand Li Pût naquit, c'était l'année de la Morue. Tout le monde te dira, depuis Saint-André-le-Gaz (38) jusqu'à Nankin, que naître sous le signe de la Morue, hein ? Tu m'as compris ! Et c'est ce qui se passa, dix-sept ans plus tard, montre en main !
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